Introduction
« J’ai des maux de tête, mal au cou… Qu’est-ce qui peut expliquer ces douleurs lorsque je ressens de l’anxiété et du stress ? »
Ce type de problème est fréquemment mentionné lors des consultations. Aujourd’hui, nous allons explorer le diaphragme, un muscle souvent très tendu, entraînant une respiration saccadée et des douleurs diverses.
Qu’est-ce que le diaphragme ?
Le diaphragme est un muscle en forme de parachute qui sépare la cage thoracique du ventre. Il est situé à la base du thorax, juste sous les poumons. Il constitue le principal muscle impliqué dans la respiration, en provoquant la contraction et la dilatation de la cage thoracique. C’est essentiel à retenir ! 😉
Ce muscle s’étend du sternum, se fixe aux côtes et aux vertèbres thoraco-lombaires T12, L1, L2, L3.
Les orifices du diaphragme
Le diaphragme possède 11 orifices par lesquels circulent des éléments importants. Voici 3 orifices clés à connaître :
- Orifice aortique : permet le passage de l’aorte et du conduit thoracique, essentiel pour le système immunitaire et la cicatrisation.
- Orifice œsophagien : permet le passage de l’œsophage et des nerfs vagues (X).
- Orifice de la veine cave inférieure : laisse passer le nerf phrénique droit.
Ces orifices assurent la communication entre la partie supérieure et inférieure du diaphragme, sans lesquels notre organisme ne pourrait fonctionner, entravant la vascularisation et l’innervation.
Le nerf phrénique, qui innervation le diaphragme (un à gauche et un à droite), émerge des racines cervicales C3, C4, C5. Cette information est significative, car elle peut expliquer les douleurs cervicales.
Un mot sur le hoquet
Le hoquet est causé par une compression du nerf phrénique. Ce nerf passe devant les muscles scalènes antérieurs (visibles sur des images). Si tu as le hoquet, tu peux essayer de le calmer en massant la région de ces muscles pour stimuler le nerf.
Fonctionnement du diaphragme
Action du diaphragme
Lorsque le diaphragme se contracte, l’air entre dans les poumons, c’est l’inspiration. Le sternum et les côtes s’élèvent pendant que le diaphragme descend, déplaçant les viscères et impactant des organes comme l’estomac, le foie, le côlon, le pancréas et la rate via des ligaments qui les relient.
Lorsqu’il se détend, ce qui est un mouvement passif, cela constitue l’expiration.
Synergie avec d’autres muscles
Il existe d’autres muscles appelés inspireurs accessoires. C’est là que cela devient intéressant…
Lorsque le diaphragme fonctionne mal, que ce soit à cause du stress ou d’une respiration inefficace (très courant), ces muscles accessoires compensent.
On trouve ces muscles dans le cou, comme les SCOM et les scalènes, ce qui explique aussi les douleurs cervicales et les céphalées dues à leur sollicitation excessive.
Pourquoi prendre cela en considération ?
Comprendre les douleurs et pathologies potentielles :
As-tu déjà vu quelqu’un faire une chute ou recevoir un coup qui lui coupe le souffle ? C’est le diaphragme qui se spasme et provoque ainsi un arrêt respiratoire. C’est impressionnant, mais ce n’est pas un problème durable.
Symptômes liés au diaphragme
- Difficultés digestives dues à la pression du diaphragme abaissé sur les organes comme le foie et l’estomac. Le diaphragme contribue au maintien des viscères dans la cavité abdominale grâce à des ligaments, évitant ainsi leur descente.
- Respiration altérée et essoufflement = spasmophilie.
- Céphalées et cervicalgies.
- Mauvais retour veineux entraînant des jambes lourdes.
- Régurgitation acide => hernie hiatale.
- Problèmes au niveau du périnée.
- Dérèglement du système neurovégétatif (digestif, hormonal, circulatoire…).
Hygiène quotidienne
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Le stress, l’anxiété ou un choc émotionnel peuvent au même titre influencer le diaphragme.
En effet, le stress perturbe la respiration, entraînant une contraction saccadée, voire un blocage du diaphragme. Cela peut causer une sensation d’oppression cardiaque accompagnée de palpitations et d’autres malaises.
Bien-être personnel
En parallèle d’un traitement psychologique, apprendre à respirer correctement sans solliciter excessivement les muscles accessoires peut être bénéfique :
- Apaiser.
- Diminuer l’hyperventilation.
- Réduire les céphalées et les douleurs cervicales.
Ces exercices se retrouvent au Yoga, en plongée, en musique, en chant, et bien d’autres domaines.
Un mauvais fonctionnement du diaphragme peut également entraîner des problèmes de posture, comme un dos voûté, car un ventre gonflé a tendance à plier le dos. Les attaches du diaphragme sur la colonne vertébrale sont partagées par d’autres muscles tels que le psoas ou l’iliaque. Une tension dans le diaphragme influe sur tout le corps et la posture en limitant la respiration.
Considérations liées à la grossesse
Chez les femmes enceintes, le diaphragme se trouve en position haute, en raison de l’utérus, des intestins, du foie et de l’estomac.
Cette position empêche la descente du diaphragme lors de l’inspiration, causant des inconforts respiratoires.
Alors que les poumons se remplissent d’air, ils abaissent le diaphragme, mais pendant la grossesse, les organes entravent cette descente. Cela peut ainsi entraîner des douleurs de grossesse.
Intervention de l’ostéopathe
De nombreux motifs de consultation sont liés au diaphragme, et il est souvent difficile de passer à côté lors d’un diagnostic. En relation avec le stress, les viscères, le cou, la tête, les poumons, les côtes, le péricarde et les vertèbres… il est difficile de le rater !
En ostéopathie, nous avons trois types de diaphragmes dans le corps : le diaphragme thoracique, le diaphragme pelvien et la tente du cervelet. Nous nous concentrons ici sur le diaphragme thoracique, pièce maîtresse de la respiration.
Techniques ostéopathiques
Voici quelques techniques que les ostéopathes utilisent régulièrement pour travailler sur le diaphragme :
- Le fascia : Technique visant à travailler sur les tissus pour trouver les points de fixation et libérer les tensions. L’objectif est de détendre le diaphragme et les zones environnantes.
- Le crânien : Approche axée sur le nerf crânien X, qui relie le crâne au ventre en passant par le diaphragme, permettant de relâcher les tensions abdominales.
- L’HVBA « structurel » : Libération au niveau des lombaires L1, L2 et L3, où les piliers du diaphragme se fixent.
- Viscérale : Libération des ligaments périphériques (gastro-phrénique, phrénico-colique, phrénico-hépatique). Très utile pour traiter des troubles digestifs en lien avec le diaphragme.
- Libération par « recoil » : Technique courante où le patient effectue de grandes inspirations et expirations, très efficace ! 😉
Voilà, tu connais maintenant les étapes à suivre pour t’apaiser !