Qu’est-ce que l’agueusie et l’anosmie ?
Petit point de vocabulaire :
L’agueusie correspond à une perte totale ou partielle du goût. Ainsi, la personne ne peut plus détecter les saveurs (salées, sucrées, épicées) des aliments. C’est plutôt regrettable !
L’anosmie se manifeste par une perte de l’odorat, qu’elle soit partielle (hyposmie) ou totale, ce qui peut entraîner une perte de goût, un sort peu enviable pour les gourmands souffrant d’un rhume ! En revanche, c’est une belle occasion de consommer des légumes et de s’éloigner des aliments qui vous font habituellement saliver ;).
A quoi sert notre langue ?
Elle est constituée de 17 muscles ! C’est une masse musculaire qui joue principalement un rôle dans l’alimentation. En effet, elle aide à la digestion en permettant de broyer une partie des aliments contre le palais. De plus, elle dirige les aliments vers les dents pour les fractionner. Elle est également impliquée dans la mastication et la déglutition, permettant ainsi d’avaler. Les aliments sont ensuite envoyés vers le pharynx puis l’œsophage.
La langue est aussi un organe phonatoire, modulant les sons dans les cavités de la face. C’est également un organe sensoriel, capable de transmettre des informations sensorielles, en particulier concernant le goût. cela est possible grâce à des capteurs qui lui permettent de recueillir ces informations et de les transmettre au cerveau. De par son contact avec l’extérieur, la langue participe à la formation du système immunitaire, captant tout ce qui pénètre dans le corps humain.
En résumé, il ne faut pas la négliger !
Comment perçoit-on les saveurs ?
Il existe cinq saveurs fondamentales : salé, sucré, amer, acide et umami (proche du sucré et souvent décrit comme « savoureux »).
La majorité des sensations gustatives proviennent de mélanges complexes de saveurs, détectées à différents endroits sur la langue :
- Les côtés pour l’acidité (comme le citron).
- L’arrière pour l’amertume (comme l’aspirine).
- Le bout pour le salé (sel) et le sucré (sucre).
Pourquoi ne sent-on plus rien quand notre nez est bouché ?
Pour identifier la plupart des saveurs, notre cerveau a besoin non seulement des informations de la langue, mais également de celles du nez. Une petite zone de la muqueuse nasale contient des cellules nerveuses spécialisées, appelées récepteurs olfactifs. Ces récepteurs, ressemblant à des cils, sont stimulés par l’air qui rentre dans les narines et envoient un signal aux nerfs voisins, informant le cerveau via le nerf olfactif (Nerf I).
Cette information est ensuite stockée dans la partie médiane du lobe temporal, qui est le centre des souvenirs gustatifs et olfactifs, développés même avant la naissance.
Dès lors, l’odorat et le goût sont intimement liés. Les papilles gustatives de la langue détectent les goûts tandis que les nerfs olfactifs captent les odeurs. Ces sensations sont transmises au cerveau, permettant ainsi d’apprécier les différentes saveurs. Certaines saveurs, comme le salé, l’amer, le sucré et l’aigre, peuvent être perçues sans l’odorat.
Cependant, des saveurs plus complexes, comme celle de la framboise, requièrent l’association du goût et de l’odeur pour être correctement reconnues.
C’est pourquoi, par exemple, on a du mal à percevoir le goût d’une quiche aux poireaux, car sa complexité rend difficile une identification uniquement par la langue.
Que peut faire l’ostéopathe pour cela ?
Il est préférable qu’un médecin généraliste ou un oto-rhino-laryngologiste établisse le diagnostic en cas d’agueusie accompagnée d’anosmie. Cela dépendra de la cause, qui peut être variée : une lésion nerveuse, en particulier au niveau du nerf glosso-pharyngien ; une paralysie faciale ; un traumatisme ; une infection des voies respiratoires, comme lors d’un rhume ; l’inhalation de substances toxiques ; le vieillissement, qui peut altérer les récepteurs sensoriels ; le tabagisme ; certains cancers ; ainsi que les effets de la chimiothérapie et de la radiothérapie ; ou encore la prise de certains médicaments.
L’ostéopathe peut intervenir au niveau crânien :
- En travaillant sur le palais, le maxillaire et les différents os du visage et du crâne.
- Avec pour objectif de libérer les sinus (maxillaire, frontal, ethmoïdal), facilitant ainsi la dégagement des voies nasales et permettant de retrouver l’odorat, puis le goût.
- En ajustant la mobilité de l’éthmoïde et des os environnants pour stimuler le nerf olfactif.