Le mouvement de nos cervicales dans notre quotidien et au travail.

Introduction

Lors d’un sondage effectué en janvier, une question fréquente revient : comment adopter une bonne posture au travail et dans la vie de tous les jours ?

L’impact de notre posture

Effectivement, chaque jour, notre posture influence toute la colonne vertébrale.

La génération des smartphones

Il est courant de se retrouver avec la tête penchée pour consulter nos messages professionnels ou naviguer sur les réseaux sociaux pendant de longues périodes, mettant ainsi à rude épreuve les muscles postérieurs du cou (comme les sous-occipitaux et le trapèze). Cette posture peut également entraîner une enroulement des épaules vers l’avant (manque de confiance en soi ? Pas du tout ! Redressez-vous !).

Que se passe-t-il au niveau des cervicales ?

La mission principale du rachis cervical consiste à maintenir la tête et à prévenir sa chute vers l’avant. La musculature est plus développée à l’arrière du cou, alors qu’à l’avant se trouvent principalement des vaisseaux sanguins et divers conduits (trachée, œsophage, etc.). L’objectif, au-delà de porter la tête, est de garder le regard horizontal.

Mobilité et développement

Le rachis cervical est la section la plus mobile de la colonne vertébrale. La lordose cervicale, qui est physiologique, commence à apparaître lorsque le nourrisson se redresse et maintient sa tête (environ à 3 mois) et se développe encore lorsqu’il commence à se tenir vertical par lui-même (environ à 6 mois).

Les relations anatomiques

Le rachis cervical est directement lié aux vertèbres dorsales supérieures, car la cyphose dorsale permet la réforme de la courbure (C7-T1). Ce rachis cervical est en lien direct avec :

  • La tête, pesant entre 4 et 5 kg.
  • La gorge par le biais du système musculaire pharyngé.
  • L’épaule via les muscles élévateurs de la scapula.
  • Les côtes supérieures à travers les scalènes.
  • Le système méningé grâce aux membranes de tensions réciproques.
  • Le système nerveux parasympathique passant à travers la gaine viscérale du cou des deux nerfs vagues (X).
  • Le système aponévrotique via les aponévroses cervicales.
  • Le système vasculaire par l’intermédiaire des artères vertébrales.

Liens indirects

Les cervicales ont également des relations moins directes avec :

  • Le système masticateur via l’os hyoïde.
  • Le système viscéral abdominal par les nerfs vagues (X), un nerf souvent discuté en raison de découvertes récentes relatives à notre intestin, considéré comme notre second cerveau.
  • Le cœur, à travers les nerfs vagues et les nerfs cardiaques.
  • Le système respiratoire au travers du diaphragme et des nerfs phréniques.

Mouvements et muscles cervicales

Le rachis cervical bas (de la 3ème à la 7ème cervicale) favorise les mouvements d’extension et de rotation, tandis que l’inclinaison joue un rôle moins significatif. Ces cervicales sont principalement responsables de la mobilité du rachis. À l’opposé, les cervicales hautes effectuent principalement des mouvements de flexion et d’inclinaison, avec une rotation moins mise en avant. Leurs rôles sont davantage axés sur la stabilité et la protection, notamment du bulbe rachidien.

Muscles clés

Le muscle SCOM est celui qui nous permet de pencher la tête en avant pour consulter notre smartphone. Il est épais et puissant, supportant également l’extension lorsque la tête est inclinée vers l’arrière.

À noter : Le diaphragme est le principal muscle d’inspiration. Si son fonctionnement est altéré (c’est-à-dire si la respiration n’est pas optimale), cela peut entraîner une surcharge des SCOM, provoquant des douleurs au niveau du cou et de la tête.

Muscles sous-occipitaux

Les muscles sous-occipitaux (situés entre l’occiput et les vertèbres C1 et C2) sont responsables des mouvements d’extension, de rotation et d’inclinaison de la tête et du cou. Ils sont cruciaux pour maintenir le regard horizontal. Ainsi, lorsque l’on passe de nombreuses minutes ou heures sur son portable, ces muscles sont particulièrement sollicités.

À souligner : Ces muscles forment un triangle dans lequel passe l’artère vertébrale.

Les effets d’une mauvaise posturation

Une mauvaise position des cervicales peut mener à une multitude de symptômes désagréables. Par exemple, on peut observer des cervicalgies, des maux de tête, des migraines, des névralgies d’Arnold, des nausées, des vertiges, des difficultés de concentration, de la fatigue, des troubles du sommeil, ainsi que des problèmes oculaires et des dysfonctionnements des ATM.

Dysfonctions intéressantes

Voici quelques exemples :

  • Troubles oculaires : Le lien entre le complexe OAA (occiput-Atlas-Axis) et les yeux, via le réflexe oculo-céphalo-gyrique : un dysfonctionnement de la base du crâne avec les deux premières cervicales impacte ce réflexe, rendant le suivi des mouvements de la tête plus difficile.
  • Troubles des ATM : La relation directe entre les OAA et les ATM (en avant du tragus) : pour ouvrir complètement la bouche, un bon fonctionnement des ATM est crucial, mais pour les derniers degrés, le bon fonctionnement de CO-C1 bilatéral est nécessaire pour permettre une légère extension cervicale.

Conclusion

Vous comprenez désormais ce qui se passe lorsque vous penchez la tête en avant pour consulter votre portable. Je vous recommande une vidéo sur YouTube concernant les cervicales pour visualiser ces concepts.

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