Comprendre le bruxisme
Le bruxisme se définit comme le fait de serrer excessivement les dents, que ce soit accompagné ou non de grincements.
Cette condition peut toucher entre 6 et 91 % de la population, en fonction de la méthode diagnostique, du type de bruxisme et de la gravité des symptômes.
On observe que le bruxisme diurne affecte davantage les femmes que les hommes, probablement en raison de facteurs émotionnels.
A l’inverse, le bruxisme nocturne a tendance à diminuer avec l’âge, là où le bruxisme diurne persiste.
D’ailleurs, la prévalence du bruxisme semble également varier selon l’ethnie : les populations asiatiques en sont plus affectées, suivies des Européens et Latino-Américains, tandis que les Afro-Américains sont dans une moindre mesure touchés.
Quel diagnostic ?
Le diagnostic du bruxisme repose sur plusieurs éléments :
- la perception auditive du grincement ou du serrement des dents ;
- une usure dentaire prononcée ;
- des sensations d’inconfort, de fatigue ou des douleurs musculaires, ainsi qu’une mâchoire tendue au réveil ;
- l’hypertrophie des muscles masséters en cas de serrement intentionnel intense.
Aucun signe pathognomonique unique n’existe ; c’est la combinaison de plusieurs signes ou symptômes qui permettra d’orienter vers un diagnostic positif.
Quels sont les symptômes ?
- Dentaire : usure, fracture, déchaussement des dents.
- Muqueux : blessures sur les lèvres, l’intérieur des joues, la langue.
- Osseux : sur-stimulation osseuse.
- Occlusaux : problèmes d’occlusion.
- Musculaire : hyperactivité des muscles masticateurs.
- Articulaire : douleurs à l’articulation temporo-mandibulaire (ATM), difficultés à ouvrir la bouche, blocages.
- Autres : troubles du sommeil, apnée, céphalées, acouphènes, reflux gastro-œsophagien.
Quelles sont les causes ?
Le stress, l’anxiété et l’hyperactivité sont souvent associés au grincement des dents. Des facteurs externes comme le tabac, l’alcool, les drogues, certaines neuropathies, des médicaments, ainsi que la consommation de café peuvent également jouer un rôle. Il semblerait qu’un facteur génétique soit en cause.
Étude de A. Dean (2017)
Une étude menée sur 255 patients a révélé que 69,8 % des personnes souffrant de dysfonctionnements crânio-mandibulaires présentaient des troubles posturaux.
Observations :
- Les troubles musculo-articulaires de la colonne vertébrale pourraient contribuer aux causes du bruxisme.
- Une inclinaison de la tête plus prononcée vers l’avant et vers le bas pourrait affecter la respiration, entraînant chez certains patients présentant une hypertrophie des masséters, un stress important et des parafonctions.
Ceci suggère qu’une manipulation ostéopathique des cervicales supérieures pourrait aider à atténuer à la fois les troubles posturaux et les douleurs associées au bruxisme.
Il est à noter que les dysfonctionnements musculo-articulaires de la colonne cervicale pourraient être particulièrement pertinents chez les enfants, pouvant être une cause idéale du bruxisme nocturne.
Interventions de l’ostéopathe
Étude par Elise THUAU
Cette étude examine les différentes manœuvres que les ostéopathes peuvent appliquer sur l’articulation temporo-mandibulaire :
- 86 % des thérapeutes privilégient la relaxation musculaire,
- 76 % optent pour une approche tissulaire,
- 55 % recourent à des manipulations passives (type TOG),
- seulement 34 % choisissent des manipulations structurelles.
En conclusion
Les soins ostéopathiques offrent un traitement complémentaire aux approches conventionnelles, basées sur des techniques tissulaires, structurelles, viscérales et craniennes, en considérant l’individu dans sa globalité.
Les manipulations et pressions exercées par l’ostéopathe permettent d’évaluer et de traiter les tensions et dysfonctionnements liés au bruxisme.
Cependant, il est conseillé de voir un dentiste pour les cas nécessitant une intervention chirurgicale ou l’utilisation d’une gouttière.
D’autres professionnels, tels que les psychologues ou sophrologues, peuvent aider les patients éprouvant de l’anxiété, ainsi qu’à travers des exercices de relaxation comme le Yoga.